Nous avons la technologie pour mettre fin à la tuberculose, mais en avons-nous la volonté ?

27 août 2018

Nous avons la technologie pour mettre fin à la tuberculose, mais en avons-nous la volonté ?

Lors de la 22e Conférence internationale sur le sida à Amsterdam, des scientifiques, des décideurs politiques, des professionnels de la santé, des militants et la société civile ont mis en lumière la relation entre le VIH et d'autres crises sanitaires urgentes, telles que la tuberculose (TB).

Un fait moins connu, mais d’une importance cruciale : la tuberculose est l’une des principales causes de décès chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA dans le monde. Pour lutter efficacement contre le VIH, les réponses budgétaires et politiques doivent refléter le défi de la co-infection VIH-TB.

En juin, alors que les commissions des crédits de la Chambre et du Sénat examinaient leurs projets de loi de financement de l’aide étrangère pour l’exercice 2019, des discussions encourageantes ont eu lieu sur l’importance de financer entièrement le budget des affaires internationales afin de maintenir le leadership américain à travers la diplomatie et le développement mondial.

Nous jouons ce rôle depuis la mise en place du Plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale, et pour de nombreuses bonnes raisons. Les investissements américains dans le développement mondial se sont également révélés bénéfiques pour nous.

Lorsque nous soutenons les efforts des pays visant à renforcer leurs systèmes de santé et à stimuler la croissance économique, nous créons des opportunités de marché pour les entreprises américaines grâce à l'expansion des échanges commerciaux. Cette petite fraction de notre budget fédéral protège également nos intérêts nationaux – par exemple – en prévenant les épidémies de maladies infectieuses avant qu’elles ne créent le chaos et ne dévasterent les économies. Investir dans le développement mondial répond également à un impératif moral : sauver des millions de vies chaque année.

Les arguments en faveur du leadership américain deviennent évidents lorsque l’on considère la lutte contre la tuberculose. La tuberculose reste la principale maladie infectieuse mortelle dans le monde, avec deux milliards de personnes, soit un tiers de la population mondiale, infectées par la maladie. Elle touche principalement les jeunes adultes dans leurs années les plus productives.

En moyenne, les personnes qui luttent contre la tuberculose perdent plus de 50 pour cent de leurs revenus en raison d’une productivité réduite. La pauvreté et le faible accès aux services liés à la tuberculose compliquent le traitement des personnes touchées par la tuberculose. Les pertes sociales et économiques supplémentaires subies par des communautés déjà en difficulté rendent bien plus difficile pour les pays la croissance de leur économie, la promotion d’une prospérité partagée et l’atteinte de l’autosuffisance.

Même si nous avons réalisé de nombreux progrès, ceux-ci sont inégaux : la moitié de toutes les nouvelles infections surviennent dans une poignée de pays seulement. La tuberculose pharmacorésistante constitue une menace majeure et croissante ; en 2016, il y a eu 600,000 2.3 nouveaux cas dans le monde. En outre, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime qu'il existe un écart de XNUMX milliards de dollars entre le financement actuel et ce qui est nécessaire pour mener les interventions nécessaires. Même si un diagnostic précoce est essentiel pour prévenir la propagation de la tuberculose, par exemple, de nombreux pays ne disposent pas des capacités nécessaires pour détecter et traiter l’épidémie.

Nous avons ce qu’il faut pour vaincre l’épidémie. De meilleures données indiquent où se trouvent les cas de tuberculose manquants, pays par pays. Les gouvernements partenaires, les organismes régionaux, la Banque mondiale, le Fonds mondial de lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme — entre autres acteurs clés — se sont engagés à renforcer les systèmes de santé pour mettre fin à la tuberculose.

L’accent mis sur le renforcement des systèmes de santé continue de donner des résultats probants. Les estimations indiquent que ces efforts ont sauvé 53 millions de vies entre 2000 et 2016, y compris des personnes co-infectées par le VIH/SIDA.

Cette année 2018 offre une occasion unique de réaffirmer notre engagement à mettre fin à la tuberculose. Le 26 septembre, des chefs d'État, de la société civile et des dirigeants d'entreprises se réuniront à New York à l'occasion de l'Assemblée générale des Nations Unies pour la toute première réunion de haut niveau des Nations Unies sur la tuberculose. Cette réunion devrait aboutir à une déclaration politique ambitieuse qui renforcera l’action et les investissements pour mettre fin à la tuberculose.

Alors que le Congrès examine les crédits de l'État et des opérations étrangères pour l'exercice 2019, nous exhortons le Congrès à soutenir 302 millions de dollars pour le programme de lutte contre la tuberculose de l'USAID, tel qu'approuvé par le comité des crédits de la Chambre. Un financement suffisant, soutenu par un leadership et des interventions efficaces, pourrait enfin nous donner un avantage sur la tuberculose et mettre les pays sur la voie de la durabilité, d’une prospérité partagée et de l’autonomie.