Qu'est-ce qui motive la distribution d'antibiotiques dans les points de distribution de médicaments accrédités en Tanzanie ? Une étude qualitative
Qu'est-ce qui motive la distribution d'antibiotiques dans les points de distribution de médicaments accrédités en Tanzanie ? Une étude qualitative
Abstract
Présentation
La Tanzanie a introduit le programme de points de vente agréés de médicaments (ADDO) il y a plus de dix ans. Les évaluations précédentes ont généralement montré que les ADDO répondent mieux aux normes de pratique définies que les points de vente non agréés. Cependant, les ADDO sont toujours confrontés à des problèmes d'utilisation excessive d'antibiotiques pour les infections respiratoires aiguës (IRA) et la diarrhée simple, ce qui contribue à l'émergence d'une résistance aux médicaments. Cette étude visait à explorer les attitudes des propriétaires et des distributeurs d'ADDO envers la distribution d'antibiotiques et d'apprendre comment l'accréditation a influencé leur comportement de distribution.
Méthodologie
L'étude a utilisé une approche qualitative. Nous avons mené des entretiens approfondis avec des propriétaires et des distributeurs d'ADDO dans les régions de Ruvuma et de Tanga où le gouvernement a mis en œuvre le programme ADDO selon des approches centralisées et décentralisées, respectivement ; un objectif secondaire était de comparer les différences entre les deux régions.
Résultats
Les résultats indiquent que le programme ADDO a entraîné des changements positifs dans la connaissance des pratiques de dispensation. Les personnes interrogées ont pu expliquer correctement les directives de traitement des IRA et de la diarrhée. Presque tous les distributeurs et propriétaires ont indiqué que l'utilisation inutile d'antibiotiques contribuait à la résistance aux antimicrobiens. Malgré ces connaissances, la traduction en pratiques de distribution appropriées est encore faible. Le comportement des distributeurs est déterminé par la demande des clients, les habitudes (« mazoea »), les prescriptions inappropriées des établissements de santé et le besoin de réaliser des bénéfices. Bien que la majorité des dispensateurs aient déclaré être intervenus dans des situations où les clients demandaient des antibiotiques inutilement, ils avaient tendance à céder aux demandes des clients. De petites variations ont été notées entre les deux régions d'étude; par exemple, certains dispensateurs de Ruvuma ont signalé avoir renvoyé des clients avec des ordonnances incorrectes à l'établissement de santé, une pratique qui peut refléter des différences régionales dans la mise en œuvre d'ADDO et dans la formation à la gestion intégrée des maladies de l'enfant. Les dispensateurs en milieu rural ont signalé plus de difficultés dans la gestion des IRA et de la diarrhée que leurs homologues urbains.
Conclusion
Pour réduire l'utilisation inappropriée d'antibiotiques, les interventions intégrées doivent inclure les communautés, les établissements de santé et les ADDO. Une formation de recyclage périodique mettant l'accent sur les compétences en communication est cruciale pour aider les distributeurs à traiter avec les clients qui demandent des antibiotiques. Les autorités responsables doivent veiller à ce que les ADDO disposent toujours des outils et des ressources nécessaires.